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La Montbéliarde apporte une
réponse aux problèmes de fertilité
Cet article est issu d'une revue irlandaise à grand
tirage, the Irish Farmer's Journal du 17 novembre 2001. Rédigé
par M. Paddy O'Keeffe, journaliste irlandais, il donne un
avis indépendant sur la race Montbéliarde et
méritait d'être publié.
La fertilité est
un réel challenge dans les troupeaux à haut
niveau de production et il n'y a pas d'avenir sans action
efficace sur ce caractère.
Une des approches possibles est le croisement avec des taureaux
de race Montbéliarde. Le centre de recherche de Moorepark
a montré que la Montbéliarde possédait
un avantage. En effet, l'essai de Castlelyons sur une période
de 5 ans montre que les Montbéliardes ont une rentabilité
économique supérieure à 10 % par rapport
à la Holstein Internationale.
Un nouvel essai de croisement Montbéliard-Holstein
est en train de donner de bons résultats en lait et
matière protéique pendant que la fertilité
reste excellente (4 % de vaches vides seulement après
3 mois de période d'insémination).
La race a quelque chose de
positif à offrir
J'ai visité la région de la Montbéliarde
dans l'est de la France pour obtenir plus de détails
sur la race et son programme de sélection.
La race se conduit avec minutie. Elle a un lait riche en protéine
et moyen en matière grasse. La fertilité est
excellente, la santé de la mamelle bonne et à
cela s'ajoute une certaine valeur bouchère.
Le nombre de vaches contrôlées est de 360 000,
soit 13 % des races laitières françaises, sachant
que la Holstein représente 72 %. La Montbéliarde
a continué de croître régulièrement
en France sur tout le territoire et au dépend des autres
races. Il y a 15 ans, elle représentait seulement 9%.
Le berceau de race est une région de montagne en bordure
de la Suisse. Cette région a une tradition forte en
production de fromage de qualité et très tôt
la sélection, bien avant le développement du
contrôle laitier, était basée sur le rendement
fromager. Peut-être est-ce une raison de son taux protéique
élevé.
Aujourd'hui, la moyenne de production actuelle est de 6 160
kg à 34,2 ‰ de TA et 38,7 ‰ de TB.
Le niveau de production moyen est inférieur de 15%
au niveau de production de la Holstein Française. Ce
déficit de production pouvant être en partie
expliqué par les difficultés de milieu rencontrées
par la race. En effet, l'ensilage de maïs comme l'ensilage
d'herbe, sont interdits sur une grande partie du territoire
de la race. Mais je l'ai dit, la Montbéliarde n'est
pas une vache à haut potentiel comme la Holstein.
Le programme de sélection est d'un haut niveau et il
est coordonné par l'INRA, l'Institut de recherche français.
L'O.S. Montbéliarde élabore le programme de
sélection et il est mis en application par deux unités
de sélection. Chaque année la race teste 150
taureaux sur les critères de production et sur des
caractères fonctionnels. Ces 150 sont choisis parmi
450 auparavant contrôlés sur leurs performances,
aptitudes bouchères et sur d'autres qualités,
en station. La sélection bouchère est très
rigoureuse. Les taureaux sélectionnés ont une
croissance qui dépasse les 1 600 g de GMQ par
jour avec une bonne musculature.
Dans le détail, j'ai visité le programme de
sélection Jura Bétail. Chaque année,
40 taureaux sont testés sur descendance, soit 3 fois
le nombre initialement testé. Les taureaux sont choisis
parmi les descendants de 800 vaches d'élite identifiées
sur leurs pedigrees et leurs valeurs génétiques.
Elles sont travaillées directement en ferme et très
étroitement suivies.
Jura Bétail dispose également d'un troupeau
de 90 vaches laitières, disposant de quelques vaches
mères à taureaux. Le niveau moyen du troupeau
est de 8 500 kg à 34,5 ‰ de TA.
Le progrès génétique mesuré par
l'INRA montre qu'il est quasiment parallèle avec le
progrès génétique observé en race
Holstein. La sélection sur l'aptitude bouchère
n'a donc pas minimisé le progrès génétique
laitier. La capacité de production de la Montbéliarde
est élevé bien qu'il soit inférieur à
celui de la race Holstein. Qu'en
est-il des autres qualités d'élevage ?
- La fertilité
L'analyse indépendante réalisée en
France montre que le taux de conception en première
insémination en race Montbéliarde est de
66,5 % contre 60,5 % en race Holstein. J'ai vu dans les
fermes visitées une moyenne de 1,3 inséminations
par vache gestante. Quand je pense à ce que je
connais : plus de 2 IA par vache gestante malgré
un traitement pharmaceutique ! De nombreuses élevages
n'utilisent pas du tout de taureaux de ferme par contre.
Chaque taureau d'insémination est indexé
sur la fertilité de ses filles.
- Résistance aux
mammites
Il existe une sélection sur les comptages cellulaires.
Les mesures sont réalisées dans tous les
troupeaux au contrôle laitier. En moyenne la Montbéliarde
a 28 % de cellules en moins qu'en race Holstein et
cet avantage s'accroît encore pour les vieilles
vaches. Là aussi, tous les taureaux d'insémination
ont un index de résistance aux mammites.
- La longévité
Elle est une combinaison de fertilité, de
santé mais aussi de qualité des aplombs.
Les graphiques nationaux montrent que les premières
lactations dans les troupeaux Montbéliards sont
pour 5 % moins importantes que dans les troupeaux Holsteins.
De plus, il y a 40 % de 5e lactations ou plus dans les
troupeaux Montbéliards. Là encore l'ensemble
des taureaux ont une valeur génétique établie
à partir de la longévité de leurs
filles. Je n'ai aucune hésitation pour dire que
la semence Montbéliarde est une solution au problème
de fertilité irlandais. Avec un premier croisement,
il y a immédiatement une amélioration et
5 % d'accroissement de la production des parents.
En conséquence, le croisement doit être envisagé
plus sérieusement. Le coût de la semence
est aussi un autre facteur. Pour la Montbéliarde,
il est au dessus de la moyenne. Ne pourrions nous pas
envisager une collaboration plus étroite avec les
centres de production de semences français ?
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